Bonnes pratiques : la nature vous le rendra

Chez les néophytes, le terme développement durable se limite encore à une conception purement écologique négligeant les aspects économiques et sociaux. Chez DD, cela fait longtemps que ces deux autres versants font l’objet de débats. Pour autant, nature et préservation de l’environnement occupent toujours une place importante dans notre programmation. La preuve avec quatre rendez-vous eco-friendly.

Le plastique, c’est fantastique ? Pourquoi vous allez proscrire les bouteilles en plastique de votre événement.

Ah, les bouteilles en plastique… Pratiques à transporter, pas chères et recyclables : pourquoi devrait-on les bannir de nos événements ? Eh bien, pour plusieurs raisons en fait.

En anglais, le britannique James Dowell de l’organisation scientifique Raw Foundation dressait un tableau exhaustif du problème qu’elles représentent. « 280 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde », introduisait-il. Pétrole et produits chimiques dangereux en constituent les composants. Certes, en trop faible quantité dans nos bouteilles pour que l’eau que nous buvons nous condamne à une mort immédiate (on s’en serait aperçu) mais suffisamment pour que nous puissions développer sur le long terme des maladies aussi peu désirables que le cancer.

« 80% du plastique n’est jamais recyclé »

Aussi, lorsqu’il est recyclé, le plastique laisse échapper dans l’air des émissions toxiques. Mais rassurez-vous, « 80% du plastique n’est jamais recyclé » et se retrouve au mieux dans des décharges, au pire dans la nature. Poursuivant sa démonstration à charge, James Dowell finit par conclure sans grande surprise : « Nous devons impérativement trouver des alternatives au plastique ».

De l’autre côté de l’Atlantique, Annie Dureault, coordinatrice du conseil québécois des événements éco-responsables, elle aussi présente pour la rencontre, a justement des solutions. A commencer par l’usage de gourdes ou de gobelets en métal à remplir en utilisant l’eau du robinet. « Le plastique s’est démocratisé dans les années 50. On savait très bien faire sans avant ! ».

Spot de prévention québécois sur la réduction de la consommation des bouteilles d’eau en plastique.

A travers la campagne Making Waves, organisée par la Raw Foundation, la gourde redevient tendance. Aux festivals Shambala (éditions 2013, 2014 et 2015) et Glastonbury (éditions 2014 et 2015), les bouteilles en acier vendues dix livres se sont toutes écoulées à la grande surprise de James Dowell : « Les festivals sont de bons endroits pour expérimenter de nouvelles choses. Là, ça a été un vrai succès ! ».

En dehors de la fourniture de ces gourdes, la Raw Foundation assure la gestion de stations d’approvisionnement en eau sur les événements. Des points qui servent aussi d’espaces d’information pour sensibiliser les festivaliers aux problèmes du plastique, à travers des brochures et les conseils de permanents affables. Il n’est pas question de culpabiliser le festivalier, simplement de lui présenter toutes les alternatives à la consommation d’eau en bouteille. Et pour les organisateurs d’événements, la Raw Foundation propose aussi un guide et des conseils pour des événements véritablement plastic free !

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DDjeuner : Vers des spectacles zéro déchet, zéro gaspillage

Chez DD, on aime les bons repas et les rencontres. C’est peu dire qu’on a été servis en salle 150 pendant le DDjeuner consacré au zéro déchet ! A cette occasion, Donatienne Lavoillotte présentait le guide Mon événement zero waste, dont elle est co-auteur. A l’intérieur, douze actions « pour amorcer une démarche zéro déchêt, zéro gaspillage » parmi lesquelles la collecte d’objets réutilisables ou la réduction de sa consommation d’emballages. Des explications claires viennent démontrer comment chaque action peut être mise en place, ce qui fait de ce guide une véritable bible de poche pour les organisateurs d’événements éco-responsables.

De notre côté, on n’était pas peu fiers de ne laisser (quasiment) aucun déchet de notre repas qui, au passage, fut un régal. Merci à Manon de M’Kitchen pour ce buffet 100% produits locaux et mention spéciale à sa salade d’amour (« une spécialité québécoise », paraît-il) !

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Ce repas constituait également un moment privilégié à l’extérieur de l’espace DD. Répartis au hasard sur différentes tables, les participants échangeaient entre eux sur leurs activités et leurs pratiques RSE, transformant ce rendez-vous en un temps de co-working appréciable par sa dimension intimiste et conviviale. Une fois le buffet débarrassé et les tables pliées, les échanges se sont poursuivis jusque dans les travées des BIS pour finalement s’achever autour d’un café bienvenu Chez DD.

 

 

 

Toilettes sèches mobiles, l’étude nationale

En voilà une rencontre qui, sous son aspect supposément trivial (les déjections humaines, vous comprenez…) avait de quoi susciter la curiosité. Et pour cause, Yanning Jaouen, représentant du Réseau d’assainissement écologique (RAE) présentait les premiers résultats d’une étude lancée en 2014 et toujours en cours (et dont le financement reste à compléter) sur ces fameux WC que l’on voit fleurir dans bon nombre d’événements. La législation et les pratiques à adopter sur le sujet étant encore floues, l’étude vise à éclairer de nombreux points à commencer par l’amélioration des filières d’assainissement et la clarification des méthodes de travail. « En 2016, plus d’une centaine de structures en France proposent des services de toilettes sèches et 2,5 millions de personnes ont déjà utilisé ce type de cabinets » précisait Yanning Jaouen pour souligner l’importance des enjeux autour de ce type d’installations. Au cœur de sa présentation : l’utilisation du compost obtenu, les enjeux environnementaux et sanitaires induits, ainsi que la protection des salariés qui assurent la gestion des litières.

Vous l’ignoriez peut-être, mais on ne se débarrasse pas simplement de la litière en la jetant dans la nature ou en la remployant systématiquement dans l’agriculture comme compost. Il est nécessaire de connaître avant ce qu’elle contient. La présence de stupéfiants notamment dans les urines détermine ainsi le devenir du compost même si, et c’est une des découvertes de l’étude, l’utilisation d’éléments carbonés (sciure, paille, foin…) permet de nettoyer l’urine en captant les résidus de stupéfiants qui s’y trouvent. La litière peut alors servir de compost sans risque sanitaire.

Pour lire les résultats complets de l’étude, nous vous invitons à lire le document présenté par Yanning Jaouen et l’écouter via le podcast ci-dessous.

 

 

Evénement de plein-air : la législation qu’il vous faut connaître

Romuald Rochelle est administrateur et chargé de production au sein de l’association Get Up ! qui défend les cultures reggae et soundsystem. Il y a deux ans, l’association organisait son premier festival en plein air dans la commune de Pellerin, à une vingtaine de kilomètres de Nantes, plus précisément sur l’île de Bois, aux abords du canal de la Martinière. Un site « magnifique » de l’aveu même de Romuald. Problème : un mois avant la tenue du festival censé accueillir 10 000 personnes, les organisateurs ont découvert que le site était classé Natura 2000. Un « détail » modifiant considérablement les démarches administratives à suivre pour assurer la tenue de la manifestation

Venu partager son expérience, Romuald avouait sa lassitude quant à une législation complexe malgré la bonne volonté et toutes les initiatives dont a fait preuve Get Up ! pour protéger le site. En 2016, le Dub Camp s’installera à Carquefou sur un site non-classé.

Autour de cette table ronde exceptionnelle, deux représentantes de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) et de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM). Des acteurs institutionnels avec qui Romuald a accepté d’échanger, en plus de Matthieu Cosson, chargé de mission à la Ligue de la Protection des Oiseaux (LPO). Tous les quatre ont nourri un dialogue constructif qui a suscité l’intérêt d’un public venu nombreux pour poser des questions et s’informer. Preuve que la rencontre a passionné malgré sa position dans le programme, en toute fin des BIS.

« En se posant les bonnes questions et en croisant les réseaux, on parvient toujours à trouver des solutions ».

« 60% des écosystèmes sont aujourd’hui exploités au-delà de leur capacité », certifiait Françoise Sarrazin, de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL). Quels risques y a-t-il pour les écosystèmes à organiser un événement de plein-air ? La fuite des espèces à cause du bruit, des éclairages… mais aussi le piétinement de la faune sauvage ou encore la pollution engendrée par les déchets. La loi sous ses contours contraignants a donc pour vocation de protéger les espèces, rappelait Françoise Sarrazin, conseillant à tous les organisateurs présents dans le public d’utiliser l’application de cartographie CARMEN qui permet d’accéder à un champ complet de données environnementales.

Matthieu Cosson, chargé de mission à la Ligue de la Protection des Oiseaux (LPO) a admis avoir encore du mal à comprendre une législation sur le sujet parfois complexe. « Mais il vaut mieux parler autour d’une carte que d’aller en procès », reconnaît-il, lui dont le travail est justement de rencontrer les organisateurs d’événements pour informer et vulgariser.  « En se posant les bonnes questions et en croisant les réseaux, on parvient toujours à trouver des solutions ».

 

 

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