L’Espace DD, QG du développement durable

Bulle de respiration dans la frénésie ambiante des BIS, « l’Espace DD – Visions durables pour la culture » a offert, les 17 et 18 janvier 2018, un lieu d’échanges idéal à plus de 700 professionnels.

A l’entrée de l’espace DD, Pikip fait vrombir ses basses devant son créateur, occupé à en détailler les qualités. Ce soundsystem accumule l’énergie solaire pour la restituer – la nuit, s’il le faut – avec une qualité de son intacte, sans câbles ni réseau électrique. L’exemple parfait d’une passerelle entre l’écologie et la culture. A eux seuls, cette trouvaille et son créateur, Julien Feuillet, résument l’esprit de l’Espace DD : de la convivialité propice aux échanges et des solutions pour changer le monde. Ou du moins, celui de la culture.

L’Espace DD, c’est donc d’abord de la convivialité. Une fois encore, le scénographe Jean-Marc Bernard, dont on peut retrouver la patte au festival des Escales à Saint-Nazaire, a pensé un lieu favorisant la rencontre. La scène et ses gradins dédiés aux débats ouvrent vers un espace plus vaste et modulable, propice, à l’issue des conférences, à la poursuite des échanges. Le tout, entièrement réalisé à partir de matériaux récupérés et de végétaux.

Des rencontres, des débats, une playlist

L’Espace DD, c’est ensuite des débats. Des débats nourris par un public curieux de comprendre comment le Shambala festival a cessé en 2016 de servir des repas carnés à ses spectateurs ; avide de s’informer sur des sujets techniques comme la norme ISO 20121 ; désireux de découvrir le concept des menus bas-carbones, conçus pour les BIS par quatre restaurateurs évènementiels. Dépassant la simple dimension écologique du développement durable, l’accent a été mis cette année sur des thématiques sociales : le public a répondu présent.

« C’est une bonne édition en termes de fréquentation mais aussi pour la qualité des échanges, souligne Amélie Orfila, de l’association Les Connexions, partenaire de l’événement. On y a vu des publics très variés, des acteurs de collectivités, des producteurs, des organisateurs d’événements venus chercher des idées. »

Des idées, il y en eut, aussi, tout au long de ces deux jours. Sur un format original, le « meet up » dédié à la transition énergétique a permis de faire circuler des initiatives originales, telles les animations de Ludikenergie, telles les toilettes sèches de Wonder Cake qui permettent la récupération des urines des festivaliers. « Ici, il y a des solutions pour tout », se réjouit son créateur Renaud Chambre, qui présente autant son projet qu’il glane des idées écolos.

L’espace DD, c’est enfin un réseau. Celui des nombreux acteurs de la transition énergétique et sociétale du spectacle, dont témoignait le riche programme d’intervenants et intervenantes, issus de la recherche, du milieu culturel mais aussi de l’industrie. Un réseau qui sera mis à l’honneur en 2020, année des 10 ans de l’espace DD !

Un bémol ? Le développement durable reste un satellite autour de la culture. « L’existence même de l’Espace DD, qu’on ne retrouve pas dans la majorité des salons de ce type, est un miracle, pense Dominique Béhar, coordinateur du Reeve et partenaire de l’Espace DD. Mais la culture, en proie à des baisses de dotations, a encore du mal à s’approprier les questions de développement durable. »

Pour attendre le prochain épisode, l’Espace DD a concocté une playlist spéciale développement durable. De Neneh Cherry à Nina Simone en passant par des pépites folk plus récentes comme Mi and L’au, douze chansons célèbrent les femmes et l’égalité professionnelle. Une manière de prolonger cette édition 2018 avec un peu de légèreté.


Retrouvez la playlist de l’espace DD :

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